• Mots sous la Pluie

  • Qu'est-on censé venir voir ici? Je ne sais pas. Je ne sais plus.On dit ce pays magnifique, on en rêve et on l'idéalise.
    La vérité, c'est que les gens imaginent qu'il possède tout ce qu'ils n'ont pas pu trouver dans leur propre pays.
    Mais voilà ce qu'il en est vraiment.Au pays du soleil levant, le soleil ne se lève pas sur des ninjas, ou des personnages dotés d'extraordinaires pouvoirs, ou de cheveux aux couleurs extravagantes. Et il ne se lève pas seulement non plus sur d'immenses gratte-ciels, sur des allées de cerisier, ou des hommes d'affaires pressés qui ne rentreront qu'après une heure tardive, et complètement saoul.
    Il y a aussi ce petit village, loin de tout. Tout le monde se connaît, et encore plus étonnant: tout le monde se reconnaît. Ce n'est pas mon cas: où que je regarde, l'étendue des tailles de tous les habitants ne dépasse pas 10 centimètres de différence, aucune silhouette n'est bien large, et toutes les têtes portent des chevelures aux teintes noires jamais très éloignées, et systématiquement ornées d'une frange. En bref, tout le monde se ressemble. Sauf moi. À  part le matin très tôt, en uniforme, en vélo, tous la même forme de sac, on voit très peu de jeunes. Ils passent l'essentiel de leur temps à l'école, et ensuite, ils font des cours privés en plus, ou des activités sportives.
    On voit donc plutôt des personnes âgées, et des bâtiments qui leurs sont bien assortis. Je veux dire par là, que tous ont vécu. Des maisons de bois vieilli, mais toujours debout, aux toits triangulaires, recouverts de tuiles d'une belle couleur noire qui brillent au soleil, et aux pointes remontant joliment de chaques côtés. On devine que l'isolation n'est pas terrible, mais c'est le genre de maison que l'on ne veut pas voir disparaître. Les tatamis qui craquellent sous mes pieds, et les portes en toile coulissantes semblent être éternels. Les habitations sont séparées par de coquets jardins japonais bien tenu, ou de petits champs et cultures.J'aime tourner lentement sur moi-même pour observer les alentours. Les champs de riz qui s'étendent à perte de vue, coupés en grands carrés par de petites routes et rivières. Des gens y promènent leurs chiens, les camions semblent pondre des ballots de paille, sur lesquels une petite fille aime monter et sauter de l'un à l'autre. Derrière le cimetière aux écritures dorées indéchiffrables et symboliques sur la pierre luisante, s'élève une grande montagne de verdure, avec quelques coins roussis par le début de l'automne, au milieu duquel se dresse fièrement la statue blanche d'un être non binaire, montrant comme les Japonais sont attachés à ce genre de symbolique.Par ici, justement, une belle grue blanche. Symbole de chance.Par là, un vieil homme arrose ses plantations, un énorme bidon d'eau sur le dos. Soudain, il tombe à terre, sur le ventre, écrasé par plusieurs kilos. C'est un jeune père qui l'aide à se relever, avant de prendre le bidon et de finir les soins des plantes. Les gens sont gentils, ici. Polis, respectueux. Mais on ne sait jamais ce que ça signifie. Est-ce sincère? On ne sait plus, ils passent leur temps à baisser la tête, à abaisser le torse, à s'excuser, à remercier, à formuler des politesses, et à joindre les mains lorsqu'ils prient. Pas moi.J'adore cet endroit. Mais...le lieu où quelqu'un pense à nous, est le lieu qui nous accueillera.

    Je ne me sentirais pas ici chez moi, si ce n'était pas mon cas.


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  • Cette nuit, j'ai fait un cauchemar.  Un affreux cauchemar. Ce genre de cauchemar troublant qui mêle imagination extravagante et frangment de souvenirs dérangeants... Des visions floues, et pourtant si intense, qui nous font oubliés cette infime conscience au fond de notre esprit, censée nous rappeler, quelque part, que ce n'est pas la réalité.

    Petite, chaques cauchemars s'ensuivaient de bras chaleureux et rassurant d'une mère attentionnée, qui m'entouraient et me procuraient cette sensation incomparable de sécurité, comme rien d'autres au monde ne peut offrir. Mais aujourd'hui, ma pudeur ne laisserait jamais faire ça.Alors j'étouffe seule de pathétiques sanglots.

    Le cauchemar. Tout le monde connait ça. Cette peur, cette anxiété, nous ramène tous au même niveau. Au statut d'homme. Remplis de crainte et d'appréhension. Ou presque. De l'homme le plus miséreux au plus fortuné, les angoisses, les espérances et les inquiétudes ne sont sans doute pas tout à fait les mêmes. Que cherchons nous vraiment?  Que redoute-t-on plus que tout? Le cauchemar a quelque chose de symbolique. Moi, c'est la cécité qui me fait peur. Ce que j'aime et que je ne vois pas. 

    Quand l'incompréhension, l'incertitude d'une réalité, et la raison se mêlent dans ce cauchemar, quel vide douloureux qui se forme dans mon ventre. Mes pensées battues, croyant aveuglément ce qu'elles voient, mon coeur perdu, incapable d'accepter les périlleuses souffrances. Et puis, ce soulagement, au réveil, est incomparable. L'intensité de cet instant fait frissoner. Ce sentiment de délivrance ne peut plus m'arrêter de pleurer.

    Certains matins, ces images sont oubliés, ne laissant qu'un sentiment désagréable, d'autres, elles ne cessent de résonner détestablement, en écho de nos peurs profondément cachés.


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  • Même le ciel que je vois s'étendre où que l'on me mène, n'est jamais le même pour toi. Même lorsque le soleil est en éclat chez moi, c'est une nuit noire pour toi. Alors, je t'imagine en sommeil et je m'attendris, mais parfois c'est ensemble que j'aimerais que l'on s'éveille et que l'on s'assoupisse. Mais pour cela, il faudrait que je puisse dire "notre chez nous". Ce lieu n'existe pas.

    Peut-être que lui, qui semble faire le tour du monde, ce soleil que nous partageons à tour de rôle, pourra-t-il dans sa ronde, lorsqu'il viendra réchauffer ta peau, t'apporter quelques de ses mots?

    Lève tes mains, ouvre tes paumes, et peut-être, de ton coeur au mien, ne sait on jamais, d'une façon ou d'une autre, pourrais-je sentir, quelque part, quelque chose, un petit peu de toi? Que d'espoir. Tout ce qu'il me reste. Laissez moi ce droit.

    Ah...Entendre ta voix m'appeler, tes yeux innocement m'aimer. Prendre ton visage entre mes mains, mes doigts épousant délicatement, parfaitement, les rondeurs de ton visage, et te faire des promesses en l'air comme les gens aiment tant en faire. Je serais toujours là pour t'aider. Je serais toujours présente lorsque tu auras besoin de moi. Je n'ai même pas les moyens de dire ce genre d'idoties.  Même, si j'étais prête à abandonner mes faiblesses, à devenir forte alors que je ne l'ai jamais été, on ne me donne ni les moyens d'être honorable, ni les moyens d'être lâche. Car d'où je suis, si loin, que pourrais je faire? Y a -t-il quelque chose, que même d'ici je peux faire? Je le sais, on m'a déjà dit: Ca ne sers à rien, de laisser parler tes espoirs. Je t'en prie, je me sens si intutile. N'importe quoi, que puis-je faire pour toi?

    Dans les 365 jours pendant lesquelles la terre fait le tour du soleil, il n'y a qu'une période pendant laquelle la distance se réduit au point que je puisse les prendre dans mes bras, donner un sens à mes promesses, avoir la sensation d'avoir une famille. Et c'est incomparable. Incomparable à toutes ses familles que j'ai cru voir dans mon entourage. J'ai laissé le plus gros de mon coeur, là bas, laissez moi y retourner. Ne m'enlevez pas ça.

    Ca ne sert à rien, de laisser parler ses espoirs.


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  • Un homme très sage m'a dit un jour: "L'art est fait pour exprimer nos émotions."

    Et cet homme là, voyait en nous des artistes. Cet homme là, savait faire de nous des artistes.

    Car oui, nous pouvons tous être artiste: suivant ses sages paroles, il suffit d'avoir un coeur, d'avoir des émotions! D'apprendre à donner nos propres couleurs à nos sentiments!

    Alors voilà, quand ce qui sommeil au plus profond de moi doit s'éveiller et se dévoiler, j'aime me laisser prendre mon violon, et sentir le frémissement des cordes traverser le bois pour venir vibrer contre ma peau, contre mon coeur, lui faire écouter ce qu'il me rend capable de faire, lui faire entendre les nuances, les mélodies qui s'enchainent au rythme de ses battements, et de ses caprices.

    Comme au musicien son instrument, au peintre son peinceau, à l'écrivain sa plume, au danseur sa grâce, au chanteur sa voix...

    Trouvons nos propres voies, prenons ses chemins que nous suggère cette formidable sensibilité qui nous garde humain, et armé de nos talents et de nos émotions, refaisons ce monde déjà bien trop fait de lui même, donnons lui de l'inconstance, et créons un univers avec de nouvelles couleurs, de nouveaux cieux, de nouvelles horizons...écoutons notre coeur pour laisser apparaitre le monde, vu, imaginé, et rêvé par les artistes que nous sommes!

    Nous avons besoin de l'art pour nous épanouir.

    Pour s'épanouir, l'art se doit d'être sans limite.

    Soyons le avec lui.

    Et devenons artiste.

     

     

    ARTISTE


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  • Sous le jour qui s'assombrissait, elle comprit, soudainement, le sens de ses paroles. A ses yeux, elle était le soleil, mais il avait peur d'être la nuit. D'ailleurs, peut-être bien qu'il qu'il l'était, se dit-elle. Mais pour elle, la nuit n'avait rien de mauvais. Sa noiceur développe l'imagination, mène au rêve, et nous fait voir les étoiles. Le jour dévoile, tandis que la nuit mystérieuse éveille la curiosité, et secoue en nous quelque chose d'intense. Dans la sombre nuit, il est facile de se cacher, et lorsque l'on sait trouver les bonnes cachettes, elle nous devient alors douce, et rassurante. Rassurant, voilà ce qu'il était pour elle. Ses tendances froides, et ses expressions impassibles l'avait d'autant plus attirée à lui, animant en elle un sentiment inexplicable. Elle avait découvert que la nuit n'était pas si froide, et morte qu'elle en avait l'air, mais sensible, et agitée de toutes sortes de bruissements, de sifflements, de cris éttouffés. D'émotions éttoufées. Et puis, en sachant voir au dessus de la sombre forêt, elle avait découvert les étoiles. Ses étoiles qui la guidaient, comme il la guidait, la protégeait, la rassurait. Elle aimait sa sincérité, car il avait beau se cacher derrière son épaisse forêt, il suffisait de savoir voir au-delà, et les étoiles ne mentaient pas.

    Elle leva la tête vers le ciel. Il faisait maintenant nuit. Une belle nuit étoilée.


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  • Le ciel se remplit de lumière, et l'on voit le reflet de milles couleurs flamboyantes dans l'eau, comme un jardin fleurissant. Des sons éclatent, résonnant dans toute la ville, et accompagnant le spectacle céleste. Les flambeaux des cieux illuminent tout autour d'eaux, éclairant nos visages heureux, et nos yeux dans lesquelles brilles des étincelles rouges, vertes, violettes, dorées...

    Petite, les feux d'artifices m'ennuyaient. Je ne comprenais pas ou était l'intérêt et le plaisir de regarder des couleurs explosant dans le ciel, en un grand bruit. Maintenant, je comprends, ce ravissement que l'on ressent à regarder quelque chose de beau, avec des gens qu'on aime. Quand je ferme les yeux, je ne vois plus ces splendides couleurs peignant le ciel, mais j'ai l'impression d'entendre les feux éclater dans mon coeur, comme des cris de joie, et je ressens l'émerveillement partagé par toutes les personnes présentes.

    Ca y est, c'est le bouquet final. Le ciel ressemble à un champs de fleurs de lumière. Une lumière si puissante que l'on peut distinguer ce beau sourire sur le visage de chacun. Nos coeurs s'embrasent comme les feux dans le ciel, et battent à l'unisson comme ces explosions de lumière, de joie.

    Le feu d'artifice est terminé, il reste dans le ciel des traces de fumée, témoignant de son ardeur, dans l'air un sentiment de coeur en fête, et dans nos têtes, le souvenir d'un spectacle majestueux, de couleur, et d'allégresse.


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  • Quel belle photo de famille, cette jeune fille de joie, tenant la main de ses parents. Ce sourire si gaie, à travers l'innocence de cet enfant, et ses yeux si brillant de vie, qu'on en ressentirait presque la joie éprouvée à ce moment. Un moment de bonheur éternel, figé dans le temps, à travers une simple image. Si seulement cette joie immortelle l'était également sur le visage de la jeune fille. Si seulement le temps n'avait pas balayé cette insouciance, cette fraicheur, cette pureté, pour mettre dans ce coeur la souffrance, la peur, et le manque... La jeune fille soupire en voyant la photo, pris de nostalgie devant ce bonheur passé. Elle n'a jamais eu autant conscience du caractère éphémère de chaque instant. Ces doigts caressent le cadre, comme dans l'espoir de pouvoir retrouvé, rien qu'une seconde, la douceur et l'allégresse de son enfance. Alors, pendant un instant infime, le temps n'est plus passé, la fille oublie ses malheurs, et redevient l'enfant souriante qu'elle était. Et pour la première fois depuis longtemps, elle se sent bien, heureuse, légère. C'est le sourire d'un ange que voilà enfin sur son visage. Elle est si brillante qu'on croirait voir une fille du soleil,  rayonnant dans des frissons de plaisir. Et puis, le temps la rattrape, il la ramène violement. La lumière n'est plus, ses yeux s'éteignent, son sourire disparait, et  ses malheurs alourdissent de nouveaux ses épaules, détachant les ailes de notre ange, et la laissant sombrer dans un desespoir profond. Mais quel est se foutu voleur de joie qui a osé éteindre le sourire d'une enfant innocente?

    Le temps est passé, la joie s'est envolée. Voilà tout.


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    Voilà maintenant dix jours que je voyageais. Et enfin, me voilà arriver à destination. Mon souffle se coupa, et mon cœur se remplit d'émerveillement en découvrant le magnifique paysage: les quelques nuages que l'on apercevait avait une magnifique teinte gris bleus, contrasté par la lumière rosée de l'horizon. Le soleil, énorme, brillant, m'éblouissait et illuminait la vallée de sa lumière oranger du soir. Les rayons de l'immense astre semblait scintiller sur les vagues au bleu éclatants, berçaient par le doux vent, qui faisait danser les arbres, tout en transportant avec lui l'odeur attirante de la forêt qui s'entendait juste au dessous de moi, l'odeur de bois, d'écorce, et le délicat arôme des fleurs du printemps. Et pour accompagner ce remarquable panorama, des sons comparables à un chant à mes oreilles, faisait écho à ce somptueux spectacle: le sifflement du vent, les vagues s'entre choquant, le frottement des arbres de la forêt, où l'on devinait tant de vie par les bruits qui s'en échappait: le merveilleux chant des oiseaux, les bruissements des feuilles, les pas vifs des animaux qui y vivent... En admirant ce majestueux paradis, une boule se forma dans mon ventre, un mélange de crainte, d'excitation, et d'un tel désir d'aller l'explorer...

     

     

     


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